Personne ne me lit et tout le monde aime ma bouille. Le journal télévision de Tf1 doit également être fort appréciable lorsque l'on coupe le son, et que l'on prend soin de clore ses paupières, en pensant aux plages encore vierges de vermine adepte du topless, de l'agitation et du supplément Madame Figaro (qui ont disparues de la surface du globe, St Trop et jet set oblige). L'expression que j'utilise pour décrire ce genre de démagogie est " le point de vue positif à quatre cent mètre de dos, les yeux rivés sur autre chose". Personne ne notera d'ailleurs que ce genre de formule douteuse, j'en recycle à longueur de journée pour faire rire des moustiques crus.
J'ai mal à mon orgueil, peine à me comprendre. Je me traîne comme une limace pour sauter avec la vigueur d'un cabri des barrières inexistantes. Parfois, je cesse d'avoir conscience que j'existe, mais si j'en ai conscience, ce n'est peut-être qu'une impression que je perd conscience de ma propre capacité d'avoir conscience de mon existence (et en plus, j'ai voulu m'initier au programme de philo de terminale). Écartelée entre mes deux amours. Je vous trompe avec ce moi même, je me trahis chaque fois que je repousse la date de son exécution.
Quelle est l'identité de l'abruti qui a décrété que "Je" était une entité entière. Je me sens des milliers. Peut on relier les facettes qui chaque jour dictent mon comportement, l'enfant que j'étais, l'élève, l'amante, la comédienne, l'amie, la malade heureuse, l'écrivain, la solitaire sous un même pronom personnelle ? Excédent de bagage, c'est totalement out (merci à Marie Claire été pour cette information perspicace et contradictoire avec la taille conseillée de la trousse beauté et maquillage à emporter). Ma vie est un éternel grand écart entre des états discontinus que je m'efforce de rassembler dans une boîte portant mon nom (page 12 : être organisée, c'est le BAba).
Mais il y a bien une chose que le terme flou qui me désigne sait faire, où plutôt fait à ses dépens, c'est ressentir un amour inconditionnel pour la littérature, la solitude, la complexification et Véronica Brivadis.